
LE MANIFESTE
Ce manifeste part d’un constat simple : la transmission du savoir, pilier de toute civilisation, ne fonctionne plus.
Face à cette défaillance structurelle, il affirme une décision claire : reprendre la main en redonnant aux enseignants leur rôle d’auteurs de cours.
NOUS ECRIVONS DES COURS
Manifeste pour une transmission décentralisée du savoir
Ce manifeste n’est pas un texte d’opinion. Il n’est pas non plus une déclaration idéologique abstraite.
Il part d’un constat : quelque chose de fondamental ne fonctionne plus dans la manière dont nos sociétés transmettent le savoir.
Ce constat n’est ni marginal ni conjoncturel. Il touche au cœur du contrat social.
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1. Le constat — La défaillance de la transmission du savoir
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1.1 La transmission du savoir comme pilier civilisationnel
Aucune société ne survit sans transmettre :
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ses connaissances,
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ses savoir-faire,
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ses modes de pensée,
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ses cadres de compréhension du monde.
Une civilisation incapable de transmettre ce qu’elle sait est une civilisation condamnée à disparaître en deux ou trois générations.
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1.2 Un système éducatif à bout de souffle
Partout, le même paradoxe s’impose :
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les outils se multiplient,
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les discours se complexifient,
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les technologies progressent,
mais la maîtrise réelle des savoirs fondamentaux recule.
Ce qui devait être garanti ne l’est plus.
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2. Le contrat social rompu
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2.1 Le pacte implicite
Les citoyens ont accepté :
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de renoncer à certaines de leurs libertés individuelles,
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de se soumettre à des institutions,
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de déléguer des responsabilités fondamentales,
en échange de garanties de :
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protection,
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stabilité,
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transmission,
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élévation collective.
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2.2 La rupture
Aujourd’hui, ce pacte est rompu :
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les libertés ont été abandonnées,
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mais les garanties ne sont plus assurées.
L’asservissement légal rend désormais les individus plus fragiles, dépendants de structures qui ne remplissent plus leur mission.
L’éducation fait partie de ces missions défaillantes.
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3. Ne pas attendre : le précédent des Cypherpunks
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3.1 Le refus de l’attente
Dans l’histoire récente, certains ont compris une chose essentielle :
On ne peut pas attendre des structures défaillantes qu’elles réparent ce qu’elles ont elles-mêmes détruit.
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3.2 « We write code »
Lorsque Internet est apparu et a commencé à exposer la vie des individus au grand jour, rendant possible une surveillance massive et diffuse, certains ont compris qu’aucune structure centrale ne garantirait spontanément la protection de la vie privée.
Les Cypherpunks n’ont pas demandé :
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plus de régulation,
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plus de promesses,
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plus de discours.
Ils ont posé un diagnostic, puis ils ont agi.
Leur réponse fut simple :
« We write code. »
Ils ont créé des outils pour :
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protéger la vie privée,
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garantir l’autonomie,
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redonner du pouvoir à l’individu.
L’exemple le plus connu de cette logique est Bitcoin.
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Bitcoin est né d’un double constat : l’opacité des processus de création monétaire et la dépendance structurelle des citoyens à des monnaies sur lesquelles ils n’exercent aucun contrôle direct.
Les Cypherpunks n’ont pas cherché à convaincre ni à réformer. Ils ont écrit du code, et un système monétaire décentralisé a commencé à exister, indépendamment de toute autorité centrale.
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4. Transposition au champ éducatif
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4.1 Le même problème, ailleurs
Le champ éducatif connaît aujourd’hui une situation comparable :
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une centralisation excessive,
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une inertie institutionnelle profonde,
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une perte de sens,
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une inefficacité croissante.
Ce système évolue désormais plus lentement que le monde auquel les élèves sont confrontés.
Au quotidien, les enseignants et les élèves perçoivent cet écart.
Quand les contenus ne s’adaptent pas dans un environnement en mutation rapide, on forme pour un monde qui n’existe plus.
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4.2 Ne plus attendre
Face à cette défaillance systémique, la réponse du monde éducatif ne peut pas être le débat infini, ni l’attente de réformes venues d’en haut.
La réponse est simple, directe et assumée :
Les enseignants écrivent des cours.
C’est leur fonction. C’est leur responsabilité.
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Les enseignants ne sont pas là pour appliquer sans fin les réformes d’un système qui déambule comme un canard sans tête.
Ils sont là pour écrire et structurer les contenus qui préparent une génération à prendre la relève.
C’est par l’écriture de cours exigeants, structurés et transmissibles que le savoir circule, que l’intelligence collective se maintient et qu’une civilisation continue d’exister.
Nous ne pouvons plus attendre des États, des ministères et autres structures sans visage qu’ils réparent un système qu’ils ne maîtrisent plus.
Quand un système ne remplit plus sa fonction, il ne s’agit plus de l’amender.
Il faut le dépasser.
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5. La décision — Reprendre la main
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5.1 Les enseignants comme auteurs de cours
Les enseignants sont :
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les détenteurs d’un savoir qu’ils sont capables de formaliser,
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ceux qui savent le transformer en cours,
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ceux qui déterminent ce qui doit être compris, retenu et évalué.
Il est temps de :
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remettre le professeur au centre,
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redonner à l’acte d’écriture pédagogique sa valeur,
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sortir de la dépendance aux structures défaillantes.
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5.2 L’outil comme acte politique
Créer un outil n’est pas neutre.
Créer un outil pour transmettre le savoir est un acte politique, au sens noble, au sens civilisationnel.
L’objectif est clair : permettre à ceux qui instruisent la génération en cours de le faire sans dépendre d’un système central défaillant.
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Nous allons créer cet outil.